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Humidité du bois de chauffage : le seuil de 20 %

La rédaction CalculMaisonMis à jour le

Réponse directe

Le bois de chauffage doit descendre sous 20 % d’humidité avant d’être brûlé. À ce taux il restitue 3,86 kWh par kilogramme ; à 50 %, fraîchement abattu, il n’en restitue plus que 2,16, et il encrasse le conduit. Comptez 18 à 24 mois de séchage pour un feuillu dur fendu.

Stère et m³ apparentFaites le calcul avec vos propres valeurs

Un tas de bois n’est pas seulement du bois : c’est du bois et de l’eau, dans une proportion qui décide de presque tout. Cette eau ne se contente pas de ne rien apporter, elle coûte de l’énergie : il faut la vaporiser avant que le bois ne brûle, et cette chaleur-là est prise sur la combustion elle-même.

Le pouvoir calorifique du bois chute avec son humidité : 4,15 kilowattheures par kilogramme à 15 pour cent d’humidité, 3,86 à 20 pour cent, 3,58 à 25, 3,01 à 35 et seulement 2,16 à 50 pour cent. Rapporté au stère l’écart est bien plus faible, de 1 757 à 1 555 kilowattheures, car le bois vert pèse davantage : 720 kilogrammes au lieu de 424.
Par kilo, l’écart va du simple au double. Par stère, il se resserre nettement.

La formule, et ce qu’elle dit vraiment

Le pouvoir calorifique du bois se calcule, il ne se lit pas dans une table. Il part de la valeur du bois anhydre, environ 5,0 kWh par kilogramme pour un feuillu, dont on retire deux choses : la part de masse qui n’est pas du bois, et l’énergie nécessaire pour vaporiser l’eau qui la remplace.

PCI (kWh/kg) = 5,0 × (1 − H) − 0,68 × H

H
humidité sur masse brute, en fraction : 0,20 pour 20 %
5,0
pouvoir calorifique du bois anhydre, en kWh/kg — 5,2 pour un résineux
0,68
chaleur de vaporisation de l’eau, en kWh par kilogramme

À 20 % d’humidité : 5,0 × 0,80 − 0,68 × 0,20 = 3,86 kWh/kg.

Pouvoir calorifique et masse d’un stère de chêne selon l’humidité
HumiditéPCI en kWh/kgMasse du stèreÉnergie du stère
15 %4,15424 kg1 757 kWh
20 %3,86450 kg1 739 kWh
25 %3,58480 kg1 718 kWh
35 %3,01554 kg1 668 kWh
50 %2,16720 kg1 555 kWh
Pouvoir calorifique et masse d’un stère de chêne selon l’humidité — Les quatre colonnes décrivent le même bois : seule la quantité d’eau qu’il contient change.

Le paradoxe du stère de bois vert

Regardez les deux dernières colonnes du tableau. Par kilogramme, l’écart entre 15 et 50 % d’humidité va presque du simple au double. Par stère, il tombe à 10 %. La raison est simple : un stère de bois vert contient autant de bois qu’un stère de bois sec, mais il pèse beaucoup plus lourd — 720 kg au lieu de 450. On brûle plus de kilos pour la même quantité de matière ligneuse.

Faut-il en conclure que brûler du bois vert n’est pas si grave ? Certainement pas, et c’est là que le calcul thermodynamique s’arrête et que le chantier commence. Un appareil alimenté en bois humide ne tient pas son rendement nominal : les fumées partent chargées de vapeur et beaucoup plus froides, la vitre noircit en une soirée, et le conduit se charge de bistre.

Le bistre n’est pas de la suie

Le bistre est un dépôt goudronneux, dur et vitrifié, que produit une combustion à basse température de bois humide. Il ne se ramone pas comme de la suie, il s’enlève au débistrage mécanique, et c’est la première cause de feu de cheminée.

Combien de temps pour sécher

Un tas de bois sèche correctement lorsqu’il est surélevé sur des cales, couvert d’un toit qui déborde et laissé ouvert sur ses deux grands côtés pour que le vent traverse. Fendu et rangé ainsi, un feuillu dur passe d’environ 50 pour cent d’humidité à la coupe à 30 pour cent après un an, et sous 20 pour cent après dix-huit à vingt-quatre mois.
Surélevé, couvert, ouvert au vent sur ses deux grands côtés.

Un feuillu dur fendu et bien rangé perd l’essentiel de son eau en deux étés. À la coupe il avoisine 50 % d’humidité ; après douze mois il est ressuyé, autour de 30 %, et encore inutilisable ; il ne passe sous les 20 % qu’après dix-huit à vingt-quatre mois. Un résineux, moins dense, y parvient en 12 à 18 mois.

  • Fendez avant de ranger. L’écorce est étanche : une bûche ronde non fendue ne sèche que par ses deux extrémités, et met deux fois plus de temps.
  • Surélevez le tas sur des cales ou une palette. Le bois posé au sol reprend l’humidité par en dessous, quelle que soit la saison.
  • Couvrez le dessus, jamais les côtés. Une bâche descendue jusqu’au sol transforme le tas en serre et empêche tout séchage.
  • Orientez le tas dans le sens du vent dominant. C’est la ventilation qui sèche le bois, bien davantage que le soleil.

Vérifier soi-même l’humidité

Un humidimètre à pointes coûte le prix de quelques bûches et se plante dans le bois fraîchement fendu, au cœur d’une bûche et non sur sa face extérieure — celle-ci sèche bien plus vite que l’intérieur et donne une lecture flatteuse. Prenez trois bûches au hasard dans le tas plutôt qu’une seule.

À défaut d’appareil, quelques signes ne trompent pas : un bois sec a des fentes en étoile aux extrémités, son écorce se détache facilement, et deux bûches entrechoquées sonnent clair. Un bois humide sonne mat, et laisse une trace d’eau sur la main quand on l’empoigne.

20 %

Le seuil de la norme française pour un bois prêt à brûler

Au-delà, l’appareil perd son rendement et le conduit s’encrasse.

Acheter du bois « sec » : ce que cela vaut

La mention « sec » sur une annonce n’engage à rien tant qu’un taux n’est pas écrit. Beaucoup de bois vendus comme secs sortent d’un séchage d’un an et titrent 25 à 30 % : ils brûleront, mal, et il leur manque un été. Demandez un taux chiffré, et prévoyez de toute façon un abri pour finir le travail.

Le bois séché en séchoir industriel, lui, descend réellement sous 20 %, parfois sous 15 %. Il est plus cher au volume, mais la comparaison ne doit pas se faire au mètre cube : à énergie livrée égale, l’écart se resserre nettement, et il n’exige aucun stock d’avance ni aucun abri.

Questions fréquentes

Quel taux d’humidité pour du bois de chauffage ?

Au maximum 20 % sur masse brute, seuil retenu par la norme française du bois de chauffage. En dessous de 15 %, le gain devient marginal ; au-dessus de 25 %, le rendement de l’appareil se dégrade nettement et le conduit s’encrasse.

Combien de temps faut-il pour sécher du bois de chauffage ?

De 18 à 24 mois pour un feuillu dur fendu, rangé sous abri ventilé et surélevé du sol. Un résineux ou un bois tendre y parvient en 12 à 18 mois. Une bûche non fendue peut demander le double du temps.

Peut-on brûler du bois vert ?

Techniquement oui, mais c’est la pire chose à faire pour un appareil. Le rendement s’effondre, la vitre noircit en une soirée et le conduit se charge de bistre, un dépôt goudronneux qui est la première cause de feu de cheminée.

Faut-il bâcher son tas de bois ?

Seulement le dessus, et en laissant les côtés grands ouverts. Une bâche qui descend jusqu’au sol empêche l’air de circuler, piège l’humidité qui s’évapore et transforme le tas en serre : le bois n’y sèche jamais.

Un stère de bois vert contient-il moins d’énergie ?

Environ 10 % de moins qu’un stère de bois sec, soit 1 555 kWh contre 1 739. L’écart est bien plus faible que par kilogramme, parce qu’un stère de bois vert pèse 720 kg au lieu de 450 : c’est le rendement de l’appareil, lui, qui s’effondre.

Sources et méthode

  • Pouvoir calorifique inférieur du bois — PCI = PCI anhydre × (1 − H) − 0,68 × H, H exprimant l’humidité sur masse brute et 0,68 kWh/kg la chaleur de vaporisation de l’eau.
  • Seuil d’humidité du bois de chauffage — La norme française du bois de chauffage retient 20 % d’humidité sur masse brute comme seuil du bois prêt à l’emploi.

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